Conférence par Michel Ferlet
Quand Thibaut III comte de Champagne épousa en 1199, Blanche, infante de Navarre, personne à l’époque n’aurait pu imaginer que cette union allait sceller pendant une longue durée la destinée de ce petit royaume médiéval pyrénéen au puissant comté de Champagne puis au prestigieux Royaume de France. Près de 800 kilomètres séparent Pampelune, capitale de la Navarre, de Troyes, capitale historique de la Champagne. Si au Moyen Âge, cette union apparut d’abord comme le fruit d’un assemblage féodal, elle révéla avoir très vite des conséquences importantes autant sur les destinées politiques et économiques des deux territoires que sur la construction géographique des royaumes de l’Europe de l’Ouest. Coexistence bâtie selon les lois de l’hérédité conçues sous le règne de Charles-le-Chauve, elle connut des périodes troubles avec des révoltes notamment pendant les vacances du pouvoir à la mort des souverains. Elle réussit à perdurer au milieu des ambitions de voisins belliqueux (Angleterre, Castille, Aragon) et dans un contexte de guerre religieuse (« croisades d’Espagne »), sachant associer aux côtés d’un certain degré d’autonomie, une politique habile et des échanges économiques, scientifiques et culturels. La mort de Jeanne de France et de Navarre a mis fin à la présence du comté champenois sur le trône de Navarre. La couronne du royaume Pyrénéen fut alors portée par plusieurs familles princières dont la lignée des Albret qui permit à Henri IV de régner avec le titre de roi de France et de Navarre. Retracer l’union de la Champagne et de la Navarre, c’est rappeler qu’il y a un brin champenois dans l’histoire du pays basque.
Entrée libre